Le satellite Graves capable de repérer les satellites espions américains.

vendredi 22 juin 2007.
 

Graves : Grand Réseau Adapté à la Veille Spatiale.

Site emetteur de Broye-les-Pesmes. (JPG)

Près du village de Broye-les-Pesmes [1], les panneaux radar constituent l’avant-garde d’une défense spatiale française. Les antennes de réception, sont situées sur le plateau d’Albion, à coté de Saint-Christol. Mis en service il y a un an et demi, Graves est présenté cette année au salon du Bourget...

Antenne réceptrice du plateau d'Albion. (JPG)

Le système Graves est unique en Europe et il est destiné à détecter les satellites navigants en orbite basse, compris entre 300 à 1000 kilomètres d’altitude. Ce système dépend directement du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

L’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), a développée Graves sous le financement de la Direction des missiles et de l’espace de la Délégation générale pour l’armement (DGA).

Système TIRA. (JPG) Dans le domaine de la détection a longue distance, le programme radar Graves de surveillance de l’espace va entrer dans une nouvelle phase de développement, il est associé à l’Allemagne (F-GAN) a travers le couplage d’un radar (Système TIRA [2]) capable d’effectuer de l’imagerie satellitaire avec pouvoir de résolution de 25 cm a 1.000 km de distance. Le réseau Graves s’appuie sur une architecture radar bi-statique a balayage électronique.

Les premiers essais étaient prévus en 2000, mais en fin de compte le système a pris beaucoup de retard et ce n’est qu’en 2004, qu’il a pu établir un catalogue d’éléments orbitaux [3] [4] à partir du site de Broye-les-Pesmes. Il sera en mesure de poursuivre près de 60% des satellites. La zone de surveillance a la forme d’une couronne conique dont le site sera compris entre 10° et 30° et sera couverte par un ensemble de 8 faisceaux de 20° d’ouverture en site et 8° en gisement. Chaque faisceau balaye de façon continue a une vitesse parfaitement ajustée un secteur de 45° en azimut.

Graves a permis de confirmer le tir expérimental d’un missile balistique antisatellite chinois le 11.01.2007 [5].

L’Europe ne totalise que 4% des dépenses mondiales consacrées à l’espace militaire. Par contre les États-Unis concentrent 90% des dépenses mondiales du secteur, soit 7 à 8% du budget américain de défense. Il y a aujourd’hui une vingtaine de satellites européens à vocation de défense, contre 200 américains.

L’effort de défense français pour le spatial va être augmenté de 50 %, pour atteindre 650 millions d’euros par an, peut-être que la France a élevé l’espace comme un intérêt national vital...

Pour en savoir un peu plus.(Graves)

[1] Site de traitement des mesures angulaires et de vitesse radiale.

[2] Tracking and Imaging Radar.

[3] Graves a permis de constituer un catalogue autonome de 2 000 objets, en excluant les débris, il y aurait 20 à 30 anomalies orbitales.

[4] Les français se sont basés sur la seule source disponible, le Space Command. Or, ce dernier déclarait qu’il n’y avait que 1035 objets orbitaux.

[5] Un porte-parole du gouvernement chinois a confirmé, le 23.01.2007, que la Chine avait procédé à ce tir expérimental, en précisant toutefois que cet essai ne constituait aucune menace. Le dernier tir chinois connu de missile antisatellite remonte à 1985.


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